Automobile : la boîte manuelle, ce n’est plus automatique !

Par Sylvain Hatier | 24 Août 2018

Aux États-Unis, Audi va cesser de commercialiser des voitures à transmission manuelle. Signe que les boîtes automatiques s’imposent de plus en plus. Y compris en France.

Ce n’est peut-être pas encore une révolution, mais cela marque une étape. Le constructeur allemand Audi vient d’annoncer qu’il ne proposerait plus, à partir de 2019, de véhicules équipés de boîte manuelle aux États-Unis. La raison ? Les Américains sont rebutés par ce type de transmission. Au point que seulement 5 % d’entre eux en sont équipés. « Cela va dans le sens de l’histoire, estime-t-on chez Audi France. Le désamour des Américains et des Japonais pour la boîte manuelle est connu depuis longtemps. Ce qui est plus récent, c’est le succès grandissant de l’automatique dans d’autres pays. »

À commencer par la France. Les ventes de voitures automatiques y ont fait un bond spectaculaire en 2017 : + 25 %. Résultat : ces modèles représentent désormais plus d’un quart des ventes de voitures neuves. À titre de comparaison, ils n’occupaient que 8 % de part de marché il y a encore seulement dix ans.

Pourquoi un tel engouement ? « La technologie a fait d’énormes progrès, analyse un cadre de chez Nissan. Outre le plaisir de conduite, les dernières boîtes automatiques rivalisent avec les manuelles en termes de consommation. » Une tendance que confirme PSA : « Consommation, mais également entretien, fiabilité ou encore valeur à la revente sont désormais équivalents. »

 

Le prix a baissé

Le constructeur français a d’ailleurs signé un contrat de licence avec le japonais Aisin Aw pour produire à Valenciennes (Nord) les boîtes de vitesses automatiques EAT6 à partir de 2020 (au rythme de 300 000 par an). Elles étaient jusqu’à présent importées du Japon. Ces boîtes six rapports équipent les modèles cœur de gamme des marques Peugeot, Citroën et DS, ainsi que les modèles Opel et Vauxhall. PSA envisage ainsi de doubler le volume de ventes des modèles équipés de boîte automatique. Autre raison de cet emballement : le prix, qui a baissé. Aujourd’hui, il faut débourser moins de 2000 € en plus pour être équipé d’une automatique.

La boîte à double embrayage, développée par Audi et apparue pour la première fois sur un modèle TT V6 en 2003, s’est démocratisée. Hyundai le propose ainsi sur la nouvelle i20, l’équivalent d’une VW Polo, Opel Corsa, Peugeot 208, Toyota Yaris, Citroën C3 ou Renault Clio. « Si 69 % de nos modèles sont désormais vendus en boîte auto, reprend-on chez Audi, la proportion dépasse les 90 % pour une A5. Nos nouvelles A6, A7 ou A8 n’existent même plus en version manuelle. » Le nombre de rapports se multiplie également, pour encore plus de fluidité. Huit chez Audi, et jusqu’à dix pour la nouvelle Ford Mustang.

« Du coup, sur les cinq dernières années, la part des boîtes automatiques sur notre modèle Qashqai est par exemple passée de 10 à 25 %, précise encore Nissan. Et de 20 à 25 % pour le X-Trail. » Succès identique chez Hyundai : « La moitié des ventes de nos SUV Tucson ou Kona se fait, elle aussi, sur la base de cette technologie, explique-t-on au siège français du constructeur sud-coréen. La différence de prix est au maximum de 1 400 €. »

UN PERMIS SPÉCIFIQUE

Vous avez été recalé plusieurs fois au permis de conduire ? Le démarrage en côte est un cauchemar ? Il existe une solution : le permis boîte automatique. Pas besoin de suivre vingt heures de leçons, au minimum, treize suffisent. De quoi augmenter les chances de succès, réduire les délais et donc le budget.

Le million et demi de candidats qui s’inscrivent chaque année dans une auto-école dépensent en moyenne 1 155 €. Une ardoise qui bondit à plus de 1 800 € dès le premier échec. Et jusqu’à 2 140 € à Paris. Le titulaire d’un permis boîte auto peut en plus le convertir en permis classique, après un délai de six mois sans qu’il ne soit nécessaire de repasser l’examen pratique, mais après avoir suivi une formation spécifique de sept heures.